Grève du 29 septembre 2026 : ce qui va s'arrêter dans votre quotidien
Le mardi 29 septembre 2026, une nouvelle mobilisation nationale des fonctionnaires touchera l'ensemble du territoire, avec plus de 160 rassemblements annoncés. Le motif central : le gel probable du point d'indice — la valeur de référence qui sert à calculer le salaire des agents publics — dans le prochain budget. Concrètement, attendez-vous à des trains et des bus perturbés, des écoles fermées ou fonctionnant en service réduit, des files d'attente dans les administrations et des soins reportés dans certains hôpitaux. Voici, secteur par secteur, ce qui risque de s'arrêter, comment le vérifier avant de partir, et pourquoi cette journée dépasse largement une simple querelle salariale.
Pourquoi les fonctionnaires descendent dans la rue
Le nerf de la colère, c'est le point d'indice. Le salaire de base d'un agent public se calcule en multipliant un nombre de points (fixé selon le grade et l'échelon) par la valeur de ce point. Quand cette valeur est gelée, la rémunération de base ne bouge pas — même si les prix, eux, continuent de grimper.
C'est exactement ce qui inquiète les syndicats à l'approche du prochain budget de l'État. Un gel signifie, en pratique, une perte de pouvoir d'achat : à salaire nominal identique, l'agent achète moins qu'un an plus tôt si l'inflation reste positive.
« On nous répète que le point d'indice sera préservé, mais un point qui n'augmente pas quand tout augmente, c'est une baisse de salaire déguisée. La feuille de paie ne ment pas : le net stagne pendant que le loyer prend 4 %. »
Cette frustration touche les trois versants de la fonction publique : l'État (enseignants, agents des ministères), la territoriale (mairies, départements, régions) et l'hospitalière (personnels soignants et administratifs des hôpitaux publics). D'où l'ampleur inhabituelle de la mobilisation annoncée.
Transports : les perturbations les plus visibles
C'est le secteur où l'effet se ressent immédiatement. Trains régionaux, RER, métros, bus et tramways sont susceptibles de tourner au ralenti selon le taux de grévistes dans chaque réseau.
Ce qu'il faut faire concrètement :
- La veille au soir, consultez les prévisions de trafic publiées par votre opérateur de transport (site officiel ou application). Les entreprises ferroviaires et les régies de transport urbain communiquent en général leurs plans de circulation 24 à 48 heures avant.
- Vérifiez votre ligne précise : un réseau peut annoncer « trafic quasi normal » globalement tout en fermant certaines lignes.
- Prévoyez une marge : même « un train sur deux » signifie des rames bondées et des correspondances ratées.
- Anticipez le télétravail si votre poste le permet — l'accord préalable de votre employeur reste nécessaire.
Le transport aérien peut également être concerné si les contrôleurs aériens rejoignent le mouvement, avec à la clé des annulations de vols décidées à l'avance par les compagnies.
Écoles : le casse-tête de la garde des enfants
Dans l'Éducation nationale, la grève des enseignants entraîne des fermetures de classes, voire d'établissements entiers, sans qu'un service minimum d'enseignement soit garanti.
Point important pour les parents : dans les écoles maternelles et élémentaires, un service minimum d'accueil peut être mis en place par la commune lorsque le taux de grévistes dépasse un certain seuil. Mais ce dispositif ne concerne pas les collèges et lycées, où aucun accueil de substitution n'est prévu.
À faire avant le 29 :
- Guettez le mot de l'établissement (carnet de liaison, espace numérique de travail) indiquant si votre enfant peut être accueilli.
- Renseignez-vous auprès de votre mairie sur l'existence d'un service minimum d'accueil.
- Côté employeur : un salarié parent qui ne trouve pas de solution de garde n'a pas de droit automatique à s'absenter. Discutez en amont d'un aménagement (télétravail, décalage d'horaires, pose d'un jour de congé).
Hôpitaux et santé : soins reportés, urgences maintenues
Dans la fonction publique hospitalière, la grève est encadrée par une règle protectrice pour les patients : la continuité des soins doit être assurée. Des agents peuvent être assignés à leur poste pour garantir le fonctionnement des services vitaux — urgences, réanimation, maternités.
Résultat pratique : les urgences restent ouvertes, mais les consultations et opérations non urgentes peuvent être déprogrammées et reportées. Si vous avez un rendez-vous ce jour-là, l'établissement vous contactera en principe pour le reprogrammer. En cas de doute, appelez avant de vous déplacer.
Administrations et services publics : guichets au ralenti
Mairies, préfectures, services des impôts, caisses de sécurité sociale : les guichets et accueils physiques peuvent fonctionner en effectif réduit ou fermer.
Le réflexe malin : privilégiez les démarches en ligne, qui restent accessibles même quand les guichets sont fermés. Renouvellement de titres, déclarations, prises de rendez-vous : la plupart des services dématérialisés ne sont pas affectés par la grève des agents d'accueil.
Si votre démarche impose un passage physique (dépôt de dossier, rendez-vous biométrique pour un passeport), vérifiez l'ouverture de votre site la veille, et prévoyez une date de repli.
L'angle qu'on oublie : le coût pour les entreprises privées
On résume trop souvent cette journée à un problème de secteur public. C'est une erreur d'analyse. Une « journée noire » dans les transports et les écoles frappe de plein fouet les entreprises privées.
Concrètement, un employeur privé subit trois effets en cascade :
- L'absentéisme mécanique : des salariés bloqués par les transports ou contraints de garder leurs enfants. Un retard ou une absence pour cause de grève des transports n'est en principe pas une faute du salarié — mais l'employeur n'est pas non plus tenu de rémunérer les heures non travaillées, sauf accord ou usage plus favorable.
- La désorganisation logistique : livraisons décalées, rendez-vous clients reportés, chantiers ralentis.
- Le report de charge : ce qui n'est pas fait le 29 se rattrape le 30, souvent dans l'urgence.
C'est le vrai coût caché de ces mobilisations : il ne se mesure pas dans les cortèges, mais dans les tableaux de production des PME le lendemain. Un dirigeant qui anticipe (télétravail élargi, réunions décalées, planning allégé) encaisse le choc bien mieux que celui qui découvre l'ampleur des absences le matin même.
Comment se préparer : la check-list express
Pour traverser la journée sans mauvaise surprise :
- Transports — vérifier les prévisions de trafic la veille au soir, ligne par ligne.
- Enfants — confirmer l'accueil scolaire et interroger la mairie sur le service minimum.
- Santé — appeler avant tout déplacement à l'hôpital ou en consultation publique.
- Démarches administratives — basculer en ligne, reporter le présentiel non urgent.
- Travail — caler en amont avec son employeur télétravail ou aménagement d'horaires.
- Déplacements longs — envisager le covoiturage ou décaler un trajet non essentiel.
Une mobilisation qui teste le climat social de la rentrée
Au-delà de la logistique, cette journée du 29 septembre est un thermomètre social. L'ampleur du suivi — dans les trois versants de la fonction publique et sur plus de 160 points de rassemblement — pèsera dans les arbitrages budgétaires à venir.
Pour les dirigeants et les DRH, l'enjeu dépasse la seule gestion d'une journée perturbée : c'est la lecture d'un signal. Une mobilisation forte annonce généralement une rentrée sociale tendue, susceptible de se prolonger par d'autres appels à la grève. Anticiper, c'est aussi intégrer ce paramètre dans sa planification des semaines suivantes.
Questions fréquentes
Un salarié du privé peut-il être sanctionné s'il arrive en retard à cause de la grève des transports ?
Non, en principe : un retard causé par une grève des transports n'est pas fautif car il est indépendant de la volonté du salarié. En revanche, l'employeur n'est pas tenu de payer les heures non travaillées, sauf disposition plus favorable prévue par un accord ou un usage d'entreprise.
Le service minimum d'accueil scolaire s'applique-t-il partout ?
Non. Le service minimum d'accueil concerne uniquement les écoles maternelles et élémentaires, mis en place par la commune lorsque le taux d'enseignants grévistes dépasse un seuil réglementaire. Les collèges et lycées ne sont pas couverts par ce dispositif.
Les urgences hospitalières seront-elles ouvertes le 29 septembre ?
Oui. La continuité des soins impose que les services vitaux restent assurés, y compris pendant une grève. Des agents peuvent être assignés à leur poste pour garantir le fonctionnement des urgences, de la réanimation et des maternités. Ce sont surtout les consultations et opérations non urgentes qui peuvent être reportées.
Puis-je faire mes démarches administratives malgré la grève ?
Oui, pour tout ce qui est dématérialisé. Les services en ligne (déclarations, renouvellement de titres, prises de rendez-vous) restent accessibles même guichets fermés. Seules les démarches imposant un passage physique risquent d'être bloquées : vérifiez l'ouverture de votre site la veille.
Qu'est-ce que le point d'indice et pourquoi son gel pose-t-il problème ?
Le point d'indice est la valeur qui, multipliée par un nombre de points lié au grade et à l'échelon, détermine le salaire de base d'un fonctionnaire. Son gel signifie que ce salaire de base n'augmente pas, ce qui entraîne une perte de pouvoir d'achat dès que les prix progressent.
Un employeur peut-il imposer le télétravail le jour de la grève ?
Le télétravail suppose en principe un accord entre l'employeur et le salarié, encadré par la charte ou l'accord d'entreprise. En cas de circonstances exceptionnelles perturbant les déplacements, l'employeur peut toutefois le mobiliser plus largement. Le mieux reste de le cadrer en amont pour éviter tout litige.