La loi n° 2022-401 du 21 mars 2022, dite « loi Waserman », a profondément renforcé la protection des lanceurs d’alerte en France. Pour les employeurs, elle impose de nouvelles obligations concrètes, notamment la mise en place d’un canal de signalement interne. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Qui est lanceur d’alerte ?
Depuis la loi Waserman, un lanceur d’alerte est une personne physique qui signale ou divulgue, sans contrepartie financière directe et de bonne foi, des informations portant sur :
- Un crime ou un délit
- Une menace ou un préjudice pour l’intérêt général
- Une violation du droit de l’Union européenne
- Une tentative de dissimulation de l’une de ces infractions
La loi a élargi la définition en supprimant l’exigence que le lanceur d’alerte ait eu « personnellement connaissance » des faits dans le cadre de son travail. Désormais, toute personne ayant connaissance des faits peut signaler.
Étape 1 : Mettre en place un canal de signalement interne
Depuis le 1er septembre 2022, toute entreprise de 50 salariés et plus doit disposer d’une procédure interne de recueil et de traitement des signalements (article 8 de la loi Sapin II modifié).
Ce canal doit garantir :
- La confidentialité de l’identité du lanceur d’alerte
- La confidentialité des personnes mises en cause
- La confidentialité des informations recueillies
- Un accusé de réception dans un délai de 7 jours
- Un retour au lanceur d’alerte dans un délai raisonnable (3 mois maximum)
Étape 2 : Connaître la procédure de signalement
La loi Waserman a simplifié la procédure. Le lanceur d’alerte peut désormais choisir librement entre :
- Le signalement interne (canal de l’entreprise)
- Le signalement externe (autorité compétente : Défenseur des droits, CNIL, ARS, AMF, etc.)
Il n’est plus obligé de passer par le canal interne d’abord. C’est un changement majeur par rapport au système précédent qui imposait un signalement interne préalable.
La divulgation publique (médias, réseaux sociaux) reste un dernier recours, possible uniquement si les signalements interne et externe n’ont pas donné de résultat dans les délais prévus, ou en cas de danger grave et imminent.
Étape 3 : Protéger le lanceur d’alerte
La protection contre les représailles est au cœur du dispositif. Sont interdites toutes mesures de représailles :
- → Lanceur d’alerte en entreprise : protection, procédure et obligations de l’employeur
- → Lanceurs d’alerte en entreprise : protection renforcée par la loi Waserman 2022
- → Parentalite en entreprise 2026 : conges, protection et obligations employeur
- → Lanceurs d’alerte en entreprise : jurisprudence et protection renforcee 2026
- → Protection sociale complémentaire en entreprise : obligations et optimisation
- Le plan de développement des compétences : l’employeur peut proposer des actions de formation à ses salariés dans le cadre de ce plan, qui remplace l’ancien plan de formation depuis la loi du 5 septembre 2018
- Le Compte Personnel de Formation (CPF) : alimenté à hauteur de 500 euros par an (800 euros pour les salariés peu qualifiés), plafonné à 5 000 euros (8 000 euros). L’employeur peut abonder le CPF de ses salariés par accord collectif ou décision unilatérale
- L’entretien professionnel (article L.6315-1) : obligatoire tous les 2 ans, il porte sur les perspectives d’évolution professionnelle. Un état des lieux récapitulatif est réalisé tous les 6 ans
- La contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance (CUFPA) : 0,55 % de la masse salariale pour les entreprises de moins de 11 salariés, 1 % au-delà
- Ouvert aux jeunes de 16 à 29 ans révolus (dérogations possibles)
- Rémunération minimale fixée en pourcentage du SMIC selon l’âge et l’année d’exécution (de 27 % à 100 %)
- Exonération de cotisations salariales dans la limite de 79 % du SMIC
- Aide exceptionnelle de 6 000 euros pour la première année (prolongée pour 2024-2026)
- Ouvert aux jeunes de 16 à 25 ans et aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus
- Rémunération minimale de 55 % à 100 % du SMIC selon l’âge et le niveau de qualification
- Possibilité de bénéficier de la réduction générale de cotisations patronales
- ✅ Organiser les entretiens professionnels tous les 2 ans pour chaque salarié
- ✅ Réaliser l’état des lieux récapitulatif tous les 6 ans
- ✅ Élaborer un plan de développement des compétences cohérent avec la stratégie de l’entreprise
- ✅ Verser la CUFPA aux OPCO dans les délais (via la DSN)
- ✅ Informer les salariés de leurs droits en matière de CPF
- ✅ Vérifier les conditions de validité des contrats d’alternance (durée, rémunération, tuteur/maître d’apprentissage)
- ✅ Consulter le CSE sur les orientations de la formation professionnelle
- ✅ Conserver les justificatifs des formations réalisées (attestations, conventions)
- ✅ Contacter nos experts pour optimiser votre politique de formation
- Anticiper les risques : audit de conformité, revue des contrats de travail, analyse des pratiques de paie et de gestion du personnel
- Sécuriser les décisions : consultation préalable avant toute mesure impactant les salariés (licenciement, modification des conditions de travail, restructuration)
- Optimiser les coûts : identification des dispositifs d’exonération, optimisation de la protection sociale, structuration de la rémunération
- Gérer les contentieux : défense devant les conseils de prud’hommes, les tribunaux judiciaires (pôle social) et les juridictions administratives
📚 Pour aller plus loin
Les obligations de l’employeur en matière de formation professionnelle
L’employeur a une obligation générale de formation professionnelle inscrite à l’article L.6321-1 du Code du travail : il doit assurer l’adaptation des salariés à leur poste de travail et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l’évolution des emplois, des technologies et des organisations.
Cette obligation se décline en plusieurs volets :
Le non-respect de l’obligation d’entretien professionnel dans les entreprises de 50 salariés et plus peut entraîner un abondement correctif du CPF de 3 000 euros par salarié concerné (article L.6315-1, III). Consultez nos experts en droit du travail pour un audit de conformité.
L’alternance : contrat d’apprentissage et contrat de professionnalisation
L’alternance constitue un levier majeur de recrutement et de formation, avec des avantages financiers significatifs pour l’employeur :
Le contrat d’apprentissage (articles L.6221-1 et suivants) :
Le contrat de professionnalisation (articles L.6325-1 et suivants) :
La Cour de cassation a rappelé dans un arrêt Cass. soc., 15 mars 2023, n° 21-20.146 que la rupture du contrat d’apprentissage par l’employeur en dehors des cas prévus par la loi ouvre droit pour l’apprenti à des dommages et intérêts au moins égaux aux rémunérations qu’il aurait perçues jusqu’au terme du contrat.
Checklist : conformité des obligations de formation
Questions fréquentes
Quels sont les délais de prescription en droit du travail ?
Les principaux délais de prescription sont : 1 an pour contester un licenciement, 2 ans pour les actions portant sur l’exécution du contrat de travail, 3 ans pour les actions en paiement de salaire, et 5 ans pour le harcèlement moral ou la discrimination (article L.1471-1 du Code du travail).
Comment se déroule une audience devant le conseil de prud’hommes ?
La procédure prud’homale débute par une phase de conciliation devant le bureau de conciliation et d’orientation (BCO). En l’absence d’accord, l’affaire est renvoyée devant le bureau de jugement. La procédure est orale et les parties peuvent se faire assister ou représenter par un avocat, un défenseur syndical ou un conjoint.
L’employeur peut-il modifier unilatéralement les conditions de travail ?
L’employeur peut modifier les conditions de travail (éléments non essentiels) dans le cadre de son pouvoir de direction. En revanche, toute modification d’un élément essentiel du contrat (rémunération, qualification, durée du travail, lieu de travail au-delà de la zone géographique) constitue une modification du contrat nécessitant l’accord du salarié (Cass. soc., 10 octobre 2000, n° 98-41.358).
Quels documents l’employeur doit-il remettre en fin de contrat ?
L’employeur doit remettre au salarié : le certificat de travail (article L.1234-19), l’attestation France Travail (article R.1234-9), le reçu pour solde de tout compte (article L.1234-20), et un récapitulatif de l’ensemble des sommes d’épargne salariale. Le défaut de remise cause un préjudice ouvrant droit à des dommages et intérêts.
Pourquoi faire appel à un expert en droit social ?
Le droit du travail et le droit de la sécurité sociale sont des matières en constante évolution. Les réformes législatives, les décrets d’application, la jurisprudence de la Cour de cassation et les positions de l’administration (circulaires, instructions, BOSS) modifient régulièrement les règles applicables. Dans ce contexte, une veille juridique permanente est indispensable pour sécuriser les pratiques de l’entreprise.
Les erreurs en matière de droit social peuvent avoir des conséquences financières considérables : redressements URSSAF, condamnations prud’homales, pénalités administratives, sans compter le risque réputationnel. Selon les statistiques du ministère de la Justice, les condamnations moyennes aux prud’hommes pour licenciement sans cause réelle et sérieuse s’élèvent à plusieurs mois de salaire, auxquels s’ajoutent les frais de procédure.
Faire appel à un expert permet de :
Notre cabinet dispose d’une expertise reconnue en droit du travail et accompagne les entreprises de toutes tailles dans la gestion quotidienne de leurs problématiques sociales. Grâce à notre outil DAIRIA IA, nous proposons également des solutions innovantes d’analyse et de veille juridique automatisée, permettant à nos clients de bénéficier d’une information en temps réel sur les évolutions les concernant.
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