La rupture conventionnelle est un mode de rupture amiable du CDI, introduit par la loi du 25 juin 2008. Encadrée par les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail, elle permet à l’employeur et au salarié de convenir d’un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail. Ce dispositif nécessite le respect d’une procédure formalisée et l’homologation par la DREETS.
Conditions préalables
La rupture conventionnelle ne peut concerner que les contrats à durée indéterminée (CDI). Elle est exclue pour les CDD et les contrats de travail temporaire. De plus, elle doit résulter d’un consentement libre et éclairé des deux parties (article L. 1237-11).
La rupture conventionnelle est possible même en cas de :
- Litige entre les parties
- Difficultés économiques (à condition qu’elle ne serve pas à contourner les obligations du licenciement économique)
- Inaptitude du salarié
- Arrêt maladie (hors accident du travail/maladie professionnelle)
Étape 1 : L’entretien (ou les entretiens)
L’article L. 1237-12 impose la tenue d’au moins un entretien au cours duquel les parties conviennent du principe de la rupture et de ses modalités. En pratique, plusieurs entretiens sont souvent nécessaires.
Lors de chaque entretien :
- Le salarié peut se faire assister par un membre du personnel de l’entreprise ou, en l’absence de représentants du personnel, par un conseiller du salarié
- L’employeur peut se faire assister par un membre du personnel, mais uniquement si le salarié est lui-même assisté (article L. 1237-12)
- En cas d’assistance de l’employeur, le salarié doit en être informé au préalable
Étape 2 : La signature de la convention
La convention de rupture doit être établie sur le formulaire Cerfa n° 14598*01 (ou via le téléservice TéléRC). Elle fixe :
- La date de rupture du contrat (au plus tôt le lendemain de l’homologation)
- Le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle
- Les dates des entretiens
- L’éventuelle assistance des parties
Un exemplaire de la convention doit être remis au salarié. Le défaut de remise entraîne la nullité de la rupture conventionnelle (Cass. soc., 6 février 2013, n° 11-27.000).
Étape 3 : Le délai de rétractation de 15 jours
L’article L. 1237-13 accorde à chaque partie un droit de rétractation de 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature de la convention. La rétractation s’exerce par lettre adressée à l’autre partie par tout moyen attestant de sa date de réception.
Le délai se calcule comme suit :
- → Rupture Conventionnelle : Procédure Complète et Guide Pratique 2026
- → Rupture conventionnelle : procédure complète et guide pratique pour les employeurs en 2026
- → Rupture conventionnelle : procédure complète 2026
- → Rupture Conventionnelle 2026 : Procédure Complète et Nouveautés pour les Employeurs
- → Rupture Conventionnelle : Procédure Complète et Nouveautés 2026 pour les Employeurs
- La qualification et la classification : elles déterminent le salaire minimum conventionnel applicable et les droits du salarié. Elles doivent correspondre aux fonctions réellement exercées (article L.1221-1 du Code du travail)
- La rémunération : détailler le salaire de base, les éventuelles primes contractuelles, et les avantages en nature. Toute modification de la rémunération constitue une modification du contrat nécessitant l’accord du salarié
- La période d’essai : sa durée est encadrée par l’article L.1221-19 (CDI) et ne peut excéder 2 mois pour les ouvriers/employés, 3 mois pour les agents de maîtrise/techniciens, et 4 mois pour les cadres. Un renouvellement unique est possible s’il est prévu par la convention collective et mentionné dans le contrat
- La clause de mobilité : elle doit définir précisément la zone géographique concernée. La Cour de cassation exige que cette zone soit déterminée et ne confère pas à l’employeur un pouvoir discrétionnaire (Cass. soc., 14 février 2024, n° 22-18.456)
- La clause de non-concurrence : pour être valable, elle doit cumulativement être limitée dans le temps, dans l’espace, à une activité spécifique, et comporter une contrepartie financière (Cass. soc., 10 juillet 2002, n° 00-45.135)
- Remplacement d’un salarié absent ou dont le contrat est suspendu
- Accroissement temporaire d’activité
- Emploi saisonnier ou d’usage
- Remplacement dans l’attente de l’entrée en service d’un salarié en CDI
- Remplacement d’un chef d’entreprise ou d’exploitation
- ✅ Identifier le type de contrat adapté (CDI, CDD, contrat d’apprentissage, contrat de professionnalisation)
- ✅ Mentionner l’identité des parties, la date d’embauche, le lieu de travail et la qualification
- ✅ Préciser la convention collective applicable et la classification correspondante
- ✅ Détailler la rémunération (salaire de base, primes, avantages en nature)
- ✅ Rédiger avec précision la clause de période d’essai (durée, conditions de renouvellement)
- ✅ Vérifier la validité des clauses restrictives (non-concurrence, mobilité, exclusivité)
- ✅ Pour un CDD : mentionner le motif précis de recours, la durée ou le terme, et le nom du salarié remplacé le cas échéant
- ✅ Prévoir la remise des documents obligatoires : DPAE effectuée, notice d’information prévoyance/mutuelle
- ✅ Faire signer le contrat avant la prise de poste (indispensable pour le CDD, recommandé pour le CDI)
- Anticiper les risques : audit de conformité, revue des contrats de travail, analyse des pratiques de paie et de gestion du personnel
- Sécuriser les décisions : consultation préalable avant toute mesure impactant les salariés (licenciement, modification des conditions de travail, restructuration)
- Optimiser les coûts : identification des dispositifs d’exonération, optimisation de la protection sociale, structuration de la rémunération
- Gérer les contentieux : défense devant les conseils de prud’hommes, les tribunaux judiciaires (pôle social) et les juridictions administratives
📚 Pour aller plus loin
Les clauses essentielles du contrat de travail
Le contrat de travail, qu’il soit à durée indéterminée (CDI) ou à durée déterminée (CDD), constitue le fondement de la relation de travail. Si le CDI à temps plein peut être conclu sans écrit (sauf disposition conventionnelle contraire), la rédaction d’un contrat écrit est vivement recommandée pour sécuriser la relation.
Les clauses suivantes méritent une attention particulière :
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Le CDD : conditions de recours et risques de requalification
Le recours au contrat à durée déterminée est strictement encadré par les articles L.1242-1 et suivants du Code du travail. Le CDD ne peut être conclu que pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire, et ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise.
Les cas de recours autorisés sont limitativement énumérés :
La durée maximale, renouvellements inclus, est en principe de 18 mois (sauf dérogations conventionnelles). Le délai de carence entre deux CDD sur le même poste est égal au 1/3 de la durée du contrat initial (ou à la moitié si le CDD est inférieur à 14 jours).
Le non-respect de ces conditions expose l’employeur à la requalification en CDI (article L.1245-1) et au versement d’une indemnité ne pouvant être inférieure à un mois de salaire (article L.1245-2). Consultez notre guide du licenciement pour les conséquences d’une rupture anticipée.
Checklist : sécuriser la rédaction d’un contrat de travail
Pourquoi faire appel à un expert en droit social ?
Le droit du travail et le droit de la sécurité sociale sont des matières en constante évolution. Les réformes législatives, les décrets d’application, la jurisprudence de la Cour de cassation et les positions de l’administration (circulaires, instructions, BOSS) modifient régulièrement les règles applicables. Dans ce contexte, une veille juridique permanente est indispensable pour sécuriser les pratiques de l’entreprise.
Les erreurs en matière de droit social peuvent avoir des conséquences financières considérables : redressements URSSAF, condamnations prud’homales, pénalités administratives, sans compter le risque réputationnel. Selon les statistiques du ministère de la Justice, les condamnations moyennes aux prud’hommes pour licenciement sans cause réelle et sérieuse s’élèvent à plusieurs mois de salaire, auxquels s’ajoutent les frais de procédure.
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