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Guide pratique2026-03-28· 9 min

Comment procéder à une rupture conventionnelle individuelle ? Et étapes clés

Guide complet de la rupture conventionnelle : entretien, convention, délai de rétractation de 15 jours, homologation DREETS. Procédure pas à pas pour l'employeu

La rupture conventionnelle est un mode de rupture amiable du CDI, introduit par la loi du 25 juin 2008. Encadrée par les articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail, elle permet à l’employeur et au salarié de convenir d’un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail. Ce dispositif nécessite le respect d’une procédure formalisée et l’homologation par la DREETS.

Conditions préalables

La rupture conventionnelle ne peut concerner que les contrats à durée indéterminée (CDI). Elle est exclue pour les CDD et les contrats de travail temporaire. De plus, elle doit résulter d’un consentement libre et éclairé des deux parties (article L. 1237-11).

La rupture conventionnelle est possible même en cas de :

  • Litige entre les parties
  • Difficultés économiques (à condition qu’elle ne serve pas à contourner les obligations du licenciement économique)
  • Inaptitude du salarié
  • Arrêt maladie (hors accident du travail/maladie professionnelle)
Restrictions : La rupture conventionnelle est exclue dans certaines situations : pendant la période d’essai, dans le cadre d’un accord de GPEC ou d’un PSE (article L. 1237-16), ou lorsque le consentement du salarié est vicié (violence, harcèlement).

Étape 1 : L’entretien (ou les entretiens)

L’article L. 1237-12 impose la tenue d’au moins un entretien au cours duquel les parties conviennent du principe de la rupture et de ses modalités. En pratique, plusieurs entretiens sont souvent nécessaires.

Lors de chaque entretien :

  • Le salarié peut se faire assister par un membre du personnel de l’entreprise ou, en l’absence de représentants du personnel, par un conseiller du salarié
  • L’employeur peut se faire assister par un membre du personnel, mais uniquement si le salarié est lui-même assisté (article L. 1237-12)
  • En cas d’assistance de l’employeur, le salarié doit en être informé au préalable

Étape 2 : La signature de la convention

La convention de rupture doit être établie sur le formulaire Cerfa n° 14598*01 (ou via le téléservice TéléRC). Elle fixe :

  • La date de rupture du contrat (au plus tôt le lendemain de l’homologation)
  • Le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle
  • Les dates des entretiens
  • L’éventuelle assistance des parties

Un exemplaire de la convention doit être remis au salarié. Le défaut de remise entraîne la nullité de la rupture conventionnelle (Cass. soc., 6 février 2013, n° 11-27.000).

Étape 3 : Le délai de rétractation de 15 jours

L’article L. 1237-13 accorde à chaque partie un droit de rétractation de 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature de la convention. La rétractation s’exerce par lettre adressée à l’autre partie par tout moyen attestant de sa date de réception.

Le délai se calcule comme suit :

  • Signature le lundi 6 janvier → le délai court du mardi 7 au mardi 21 janvier inclus
  • Si le dernier jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, il est prorogé au premier jour ouvrable suivant
  • Étape 4 : L’homologation par la DREETS

    À l’issue du délai de rétractation, l’une des parties (généralement l’employeur) adresse une demande d’homologation à la DREETS via le portail TéléRC. La DREETS dispose de 15 jours ouvrables pour statuer (article L. 1237-14).

    Le silence de la DREETS vaut homologation. En cas de refus, la DREETS motive sa décision. Le refus peut être contesté devant le conseil de prud’hommes dans un délai de 12 mois.

    Calendrier type : Entre le premier entretien et la rupture effective, comptez au minimum 30 à 40 jours : entretien (jour J), signature (J+x), rétractation (15 jours), homologation (15 jours ouvrables). La date de rupture ne peut être fixée avant le lendemain de l’homologation.

    L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle

    L’indemnité ne peut être inférieure à l’indemnité légale de licenciement (article L. 1237-13). En pratique :

    • Calcul identique à l’indemnité légale de licenciement (1/4 de mois par année jusqu’à 10 ans, puis 1/3 au-delà)
    • Si l’indemnité conventionnelle de licenciement est plus favorable, c’est elle qui sert de plancher
    • En pratique, une négociation conduit souvent à une indemnité supra-légale

    FAQ – Rupture conventionnelle

    Le salarié a-t-il droit au chômage après une rupture conventionnelle ?

    Oui, la rupture conventionnelle homologuée ouvre droit aux allocations chômage, dans les mêmes conditions qu’un licenciement.

    L’employeur peut-il refuser une rupture conventionnelle demandée par le salarié ?

    Oui, la rupture conventionnelle nécessite l’accord des deux parties. L’employeur n’est jamais tenu d’accepter. De même, le salarié peut refuser une proposition de l’employeur.

    La rupture conventionnelle est-elle possible pendant un arrêt maladie ?

    Oui, sauf si l’arrêt est lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle. Le consentement du salarié doit être libre et éclairé, ce qui fait l’objet d’une vigilance accrue en cas de fragilité du salarié.

    Pour négocier et formaliser vos ruptures conventionnelles en toute sécurité, contactez DAIRIA Avocats. DAIRIA IA génère automatiquement les formulaires Cerfa et calcule les indemnités.

    📚 Pour aller plus loin

    Les clauses essentielles du contrat de travail

    Le contrat de travail, qu’il soit à durée indéterminée (CDI) ou à durée déterminée (CDD), constitue le fondement de la relation de travail. Si le CDI à temps plein peut être conclu sans écrit (sauf disposition conventionnelle contraire), la rédaction d’un contrat écrit est vivement recommandée pour sécuriser la relation.

    Les clauses suivantes méritent une attention particulière :

    • La qualification et la classification : elles déterminent le salaire minimum conventionnel applicable et les droits du salarié. Elles doivent correspondre aux fonctions réellement exercées (article L.1221-1 du Code du travail)
    • La rémunération : détailler le salaire de base, les éventuelles primes contractuelles, et les avantages en nature. Toute modification de la rémunération constitue une modification du contrat nécessitant l’accord du salarié
    • La période d’essai : sa durée est encadrée par l’article L.1221-19 (CDI) et ne peut excéder 2 mois pour les ouvriers/employés, 3 mois pour les agents de maîtrise/techniciens, et 4 mois pour les cadres. Un renouvellement unique est possible s’il est prévu par la convention collective et mentionné dans le contrat
    • La clause de mobilité : elle doit définir précisément la zone géographique concernée. La Cour de cassation exige que cette zone soit déterminée et ne confère pas à l’employeur un pouvoir discrétionnaire (Cass. soc., 14 février 2024, n° 22-18.456)
    • La clause de non-concurrence : pour être valable, elle doit cumulativement être limitée dans le temps, dans l’espace, à une activité spécifique, et comporter une contrepartie financière (Cass. soc., 10 juillet 2002, n° 00-45.135)

    Pour un accompagnement dans la rédaction de vos contrats, consultez nos experts en droit du travail.

    Le CDD : conditions de recours et risques de requalification

    Le recours au contrat à durée déterminée est strictement encadré par les articles L.1242-1 et suivants du Code du travail. Le CDD ne peut être conclu que pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire, et ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise.

    Les cas de recours autorisés sont limitativement énumérés :

    • Remplacement d’un salarié absent ou dont le contrat est suspendu
    • Accroissement temporaire d’activité
    • Emploi saisonnier ou d’usage
    • Remplacement dans l’attente de l’entrée en service d’un salarié en CDI
    • Remplacement d’un chef d’entreprise ou d’exploitation

    La durée maximale, renouvellements inclus, est en principe de 18 mois (sauf dérogations conventionnelles). Le délai de carence entre deux CDD sur le même poste est égal au 1/3 de la durée du contrat initial (ou à la moitié si le CDD est inférieur à 14 jours).

    Le non-respect de ces conditions expose l’employeur à la requalification en CDI (article L.1245-1) et au versement d’une indemnité ne pouvant être inférieure à un mois de salaire (article L.1245-2). Consultez notre guide du licenciement pour les conséquences d’une rupture anticipée.

    Checklist : sécuriser la rédaction d’un contrat de travail

    • ✅ Identifier le type de contrat adapté (CDI, CDD, contrat d’apprentissage, contrat de professionnalisation)
    • ✅ Mentionner l’identité des parties, la date d’embauche, le lieu de travail et la qualification
    • ✅ Préciser la convention collective applicable et la classification correspondante
    • ✅ Détailler la rémunération (salaire de base, primes, avantages en nature)
    • ✅ Rédiger avec précision la clause de période d’essai (durée, conditions de renouvellement)
    • ✅ Vérifier la validité des clauses restrictives (non-concurrence, mobilité, exclusivité)
    • ✅ Pour un CDD : mentionner le motif précis de recours, la durée ou le terme, et le nom du salarié remplacé le cas échéant
    • ✅ Prévoir la remise des documents obligatoires : DPAE effectuée, notice d’information prévoyance/mutuelle
    • ✅ Faire signer le contrat avant la prise de poste (indispensable pour le CDD, recommandé pour le CDI)

    Pourquoi faire appel à un expert en droit social ?

    Le droit du travail et le droit de la sécurité sociale sont des matières en constante évolution. Les réformes législatives, les décrets d’application, la jurisprudence de la Cour de cassation et les positions de l’administration (circulaires, instructions, BOSS) modifient régulièrement les règles applicables. Dans ce contexte, une veille juridique permanente est indispensable pour sécuriser les pratiques de l’entreprise.

    Les erreurs en matière de droit social peuvent avoir des conséquences financières considérables : redressements URSSAF, condamnations prud’homales, pénalités administratives, sans compter le risque réputationnel. Selon les statistiques du ministère de la Justice, les condamnations moyennes aux prud’hommes pour licenciement sans cause réelle et sérieuse s’élèvent à plusieurs mois de salaire, auxquels s’ajoutent les frais de procédure.

    Faire appel à un expert permet de :

    • Anticiper les risques : audit de conformité, revue des contrats de travail, analyse des pratiques de paie et de gestion du personnel
    • Sécuriser les décisions : consultation préalable avant toute mesure impactant les salariés (licenciement, modification des conditions de travail, restructuration)
    • Optimiser les coûts : identification des dispositifs d’exonération, optimisation de la protection sociale, structuration de la rémunération
    • Gérer les contentieux : défense devant les conseils de prud’hommes, les tribunaux judiciaires (pôle social) et les juridictions administratives

    Notre cabinet dispose d’une expertise reconnue en droit du travail et accompagne les entreprises de toutes tailles dans la gestion quotidienne de leurs problématiques sociales. Grâce à notre outil DAIRIA IA, nous proposons également des solutions innovantes d’analyse et de veille juridique automatisée, permettant à nos clients de bénéficier d’une information en temps réel sur les évolutions les concernant.

    Besoin d’un accompagnement sur ce sujet ?

    Nos experts en droit du travail et paie vous accompagnent.

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