Installer des caméras dans les locaux professionnels est courant, mais le cadre juridique est très strict. Entre le RGPD, le Code du travail et les recommandations de la CNIL, les employeurs doivent naviguer avec précaution pour éviter des sanctions pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.
Le principe : pas de surveillance permanente des salariés
L’article L. 1121-1 du Code du travail pose le principe fondamental : « Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. »
Cela signifie qu’un système de vidéosurveillance ne peut être installé que pour des finalités légitimes : sécurité des biens et des personnes, protection contre le vol, dissuasion des actes de malveillance.
Il est interdit d’utiliser les caméras pour surveiller en permanence l’activité des salariés.
Étape 1 : Consulter le CSE
L’article L. 2312-38 du Code du travail impose la consultation du CSE avant toute mise en place d’un dispositif de vidéosurveillance. Le CSE doit être informé et consulté sur :
- Les finalités du dispositif
- Les zones couvertes
- Les conditions de fonctionnement
- Les durées de conservation des images
- Les personnes habilitées à visionner les images
Étape 2 : Informer les salariés
Conformément à l’article L. 1222-4 du Code du travail, aucune information concernant un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté à sa connaissance.
L’information doit comprendre (articles 13 et 14 du RGPD) :
- L’identité du responsable de traitement
- La finalité du dispositif
- La base légale (intérêt légitime)
- Les destinataires des images
- La durée de conservation
- Les droits des salariés (accès, rectification, opposition)
Des panneaux d’affichage doivent signaler la présence de caméras dans les zones filmées. Le règlement intérieur doit également être mis à jour.
Étape 3 : Respecter les zones interdites
La CNIL est catégorique : certaines zones ne doivent jamais être filmées :
- Les toilettes et vestiaires
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