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Guide pratique2026-01-19· 4 min

Visite de pré-reprise : rôle, initiative et bonnes pratiques

Guide pratique sur la visite de pré-reprise : obligatoire après 30 jours d'arrêt, initiative du salarié ou du médecin, distinction avec la visite de reprise. Ar

La visite de pré-reprise est un outil clé pour préparer le retour au travail d’un salarié en arrêt prolongé. Souvent méconnue, elle permet d’anticiper les aménagements nécessaires et d’éviter les ruptures de parcours professionnel. Depuis la réforme du 31 mars 2022, son seuil de déclenchement a été abaissé. Voici comment l’utiliser efficacement.

Qu’est-ce que la visite de pré-reprise ?

La visite de pré-reprise est un examen médical qui se déroule pendant l’arrêt de travail, avant le retour effectif du salarié. Son objectif : favoriser le maintien dans l’emploi en anticipant les difficultés de reprise.

L’article R. 4624-29 du Code du travail dispose : « En vue de favoriser le maintien dans l’emploi, les travailleurs en arrêt de travail d’une durée de plus de trente jours peuvent bénéficier d’une visite de préreprise. »

Attention — Évolution récente : Avant le 31 mars 2022, la visite de pré-reprise n’était possible qu’après un arrêt de 3 mois. Le décret n° 2022-372 du 16 mars 2022 a abaissé ce seuil à 30 jours, ce qui élargit considérablement le champ des salariés pouvant en bénéficier.

Étape 1 : Identifier qui peut initier la visite

La visite de pré-reprise peut être demandée par trois personnes (article R. 4624-30 du Code du travail) :

  • Le travailleur lui-même
  • Le médecin traitant
  • Le médecin conseil de la Sécurité sociale

Point important : L’employeur ne peut pas initier directement la visite de pré-reprise. Cependant, rien ne l’empêche d’informer le salarié de cette possibilité, par exemple dans un courrier de maintien du lien pendant l’arrêt.

Exemple : Un salarié est en arrêt depuis 45 jours pour une lombalgie. Son médecin traitant, anticipant des difficultés pour reprendre son poste de magasinier, sollicite une visite de pré-reprise auprès du SPST.

Étape 2 : Comprendre le contenu de la visite

Le médecin du travail peut recommander, à l’issue de la visite de pré-reprise :

  1. Des aménagements ou adaptations du poste de travail
  2. Des préconisations de reclassement
  3. Des formations professionnelles pour faciliter le reclassement ou la réorientation

Les recommandations sont transmises au salarié. Elles peuvent aussi être communiquées à l’employeur et au médecin conseil, avec l’accord du salarié.

À retenir : La visite de pré-reprise est un espace de dialogue médical confidentiel. Le salarié n’est pas tenu d’en informer son employeur, mais cela peut faciliter la préparation de son retour.

Étape 3 : Distinguer pré-reprise et reprise

C’est la source de confusion la plus fréquente. Les deux visites sont complémentaires mais non substituables :

Critère Pré-reprise Reprise
Moment Pendant l’arrêt Au retour effectif
Seuil Plus de 30 jours d’arrêt 30 jours AT / 60 jours maladie
Initiative Salarié, médecin traitant, médecin conseil Employeur (obligation)
Avis rendu Recommandations Avis d’aptitude ou d’inaptitude
Effet juridique Aucun sur le contrat Met fin à la suspension du contrat

La Cour de cassation a rappelé que la visite de pré-reprise ne dispense jamais de la visite de reprise (Cass. soc., 24 mai 2023, n° 22-10.517).

Étape 4 : Exploiter les recommandations

Lorsque le salarié transmet les recommandations du médecin du travail à son employeur, celui-ci a tout intérêt à :

  • Anticiper les aménagements de poste (équipements ergonomiques, horaires adaptés)
  • Explorer les possibilités de reclassement si le retour au poste initial semble compromis
  • Engager un dialogue avec le salarié sur les conditions de son retour
  • Mobiliser les dispositifs existants : essai encadré, convention de rééducation professionnelle
  • La pré-reprise dans le cadre de la prévention de la désinsertion professionnelle

    La loi du 2 août 2021 a renforcé le rôle de la visite de pré-reprise dans la prévention de la désinsertion professionnelle (PDP). La visite s’inscrit désormais dans un parcours plus large qui peut inclure :

    • Un rendez-vous de liaison entre le salarié et l’employeur
    • Un essai encadré pendant l’arrêt
    • Une convention de rééducation professionnelle en entreprise

    Le médecin du travail peut aussi signaler au salarié l’existence de la cellule de prévention de la désinsertion professionnelle du SPST.

    Bonnes pratiques pour l’employeur

    1. Informer systématiquement les salariés en arrêt prolongé de la possibilité de demander une visite de pré-reprise
    2. Ne pas attendre le jour de la reprise pour anticiper les aménagements
    3. Collaborer avec le SPST pour préparer au mieux le retour
    4. Documenter les échanges et les mesures prises
    5. Rappeler que la visite de reprise reste obligatoire même après une pré-reprise
    À retenir : La visite de pré-reprise est un levier de prévention puissant. Elle ne crée aucune obligation juridique directe mais permet d’anticiper les difficultés et de préparer un retour réussi.

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