Paie 2026 : ce qui a changé pour l'employeur depuis le 1er janvier
Pour vous, employeur, l'année 2026 a apporté deux valeurs du SMIC, un nouveau plafond de la Sécurité sociale et surtout un nouvel allègement de charges : la réduction générale dégressive unique (RGDU). Elle remplace l'ancienne réduction générale et les deux taux réduits de cotisations maladie et famille. Voici ce qui a changé, texte par texte, et ce que votre service paie doit vérifier.
Le SMIC : deux valeurs en 2026
Au 1er janvier 2026, le SMIC horaire brut est de 12,02 € (BOSS, rubrique « Assiette générale », § 410), soit 1 823,03 € par mois pour 35 heures hebdomadaires (BOSS, rubrique « Épargne salariale », § 220). Il a été fixé par le décret n° 2025-1228 du 17 décembre 2025.
Au 1er juin 2026, il a été relevé en cours d'année : 12,31 € de l'heure, soit 1 867,02 € par mois pour 35 heures en métropole. Le minimum garanti passe à 4,35 € (arrêté du 22 mai 2026, JO du 24 mai 2026).
Ce que vous devez faire : depuis la paie de juin 2026, aucun de vos salariés à temps plein ne peut être payé en dessous de 1 867,02 € brut par mois. Vérifiez les salaires de base qui étaient alignés sur la valeur de janvier.
Attention : pour calculer la RGDU, ce n'est pas la valeur de juin qui compte, mais celle du 1er janvier 2026 (voir plus bas).
Le plafond de la Sécurité sociale 2026
Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) est fixé à 48 060 € pour 2026, soit 4 005 € par mois (BOSS, rubrique « Assiette générale »).
Il sert de base à vos cotisations plafonnées (vieillesse plafonnée notamment) et à de nombreuses limites d'exonération. Vos paramètres de paie devaient être mis à jour dès les rémunérations de janvier 2026.
La RGDU remplace la réduction générale « Fillon » et les deux bandeaux
C'est le changement le plus lourd de l'année pour votre paie.
La règle. Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale dégressive unique s'applique aux cotisations dues au titre des périodes d'activité courant à compter de cette date. Elle résulte de l'article 18 de la loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025 (BOSS, rubrique « Réduction générale dégressive unique », § 10).
Le même article 18 supprime, pour ces mêmes périodes, les réductions proportionnelles de taux : 6 points sur la cotisation maladie et 1,8 point sur la cotisation d'allocations familiales (BOSS, rubrique « Réductions proportionnelles du taux des cotisations d'assurance maladie et d'allocations familiales », § 10). Vos taux patronaux sont donc désormais uniques, quel que soit le salaire : 13 % pour la maladie et 5,25 % pour les allocations familiales (BOSS, taux au 1er janvier 2026). Ces réductions ne subsistent que dans des cas résiduels, que l'article 40 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 a précisés (certaines exonérations zonées, outre-mer, aide à domicile, travailleurs occasionnels agricoles).
Qui en bénéficie. La RGDU s'applique aux rémunérations annuelles inférieures à 3 fois le SMIC applicable au 1er janvier 2026. Pour un salarié à temps plein, la réduction s'applique si sa rémunération annuelle est strictement inférieure à 65 629,08 € en 2026 (BOSS, rubrique « Réduction générale dégressive unique », § 160).
Ce qu'elle vaut. Le coefficient comporte un socle minimal (Tmin) de 2 %, applicable sur toutes les rémunérations éligibles. Le coefficient maximal, atteint au niveau du SMIC, est de 39,81 % pour les employeurs de moins de 50 salariés et de 40,21 % pour ceux de 50 salariés et plus (Tmin 2 % + Tdelta 37,81 % ou 38,21 % ; BOSS, même rubrique, § 440). La réduction diminue ensuite et devient nulle à 3 SMIC.
Ce que vous devez faire.
- Vérifiez que votre logiciel calcule la RGDU sur la base du SMIC du 1er janvier 2026, y compris après la hausse de juin.
- Appliquez la formule de calcul 2026 issue du décret n° 2026-509 du 12 juin 2026, publiée par le BOSS.
- Contrôlez que vos bulletins n'affichent plus de taux maladie ou famille réduit pour vos salariés relevant de la RGDU.
Ruptures conventionnelles : une contribution patronale de 40 %
La règle. L'article 15 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 porte à 40 % la contribution patronale due sur les indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite d'office. Elle porte sur la partie de l'indemnité exclue de l'assiette des cotisations. Ce taux s'applique aux indemnités versées au titre d'une rupture dont le terme est postérieur au 1er janvier 2026 (BOSS, rubrique « Indemnités de rupture »).
Ce qu'elle coûte. Exemple du BOSS : pour une indemnité de rupture conventionnelle de 150 000 € versée en 2026, la fraction exclue de l'assiette des cotisations est de 96 120 € (2 PASS). La contribution patronale atteint alors 38 448 €.
Ce que vous devez faire. Intégrez cette contribution dans le coût d'une rupture conventionnelle avant d'en discuter le montant avec le salarié.
Si la rupture est contestée devant le conseil de prud'hommes, c'est un autre sujet : le cabinet DAIRIA Avocats traite ces dossiers.
L'essentiel pour votre entreprise
- SMIC : 12,02 € de l'heure au 1er janvier 2026, puis 12,31 € (1 867,02 € par mois) depuis le 1er juin 2026.
- PASS 2026 : 48 060 €, soit 4 005 € par mois.
- RGDU : nouvel allègement unique depuis le 1er janvier 2026, jusqu'à 3 SMIC, calculé sur le SMIC du 1er janvier.
- Taux uniques : maladie 13 %, allocations familiales 5,25 %.
- Rupture conventionnelle : contribution patronale de 40 % pour les ruptures dont le terme est postérieur au 1er janvier 2026.
Le bon réflexe pour votre service paie : à chaque nouvelle valeur publiée au Journal officiel ou au BOSS, mettre à jour les paramètres du logiciel dès la première paie concernée.