Depuis le 1er janvier 2026, le paysage des allègements de cotisations patronales a profondément changé. Si vous dirigez une entreprise, ce qui suit impacte directement votre bulletin de paie — et donc votre trésorerie.
Ce qui disparaît
Deux mécanismes que vous connaissiez probablement sans le savoir sont supprimés :
- La réduction du taux de cotisation maladie (6 points de moins pour les salaires inférieurs à 2,25 SMIC) — supprimée.
- La réduction du taux allocations familiales (1,8 point de moins pour les salaires inférieurs à 3,3 SMIC) — supprimée.
Ces deux dispositifs étaient appliqués automatiquement par votre logiciel de paie. Leur disparition signifie une hausse mécanique du coût employeur pour les salaires concernés.
Ce qui les remplace : la RGDU
Le législateur a fusionné l'ensemble en un dispositif unique : la Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU).
Le principe :
- Au niveau du SMIC : exonération maximale — 39,81% pour les entreprises de moins de 50 salariés, 40,21% pour celles de 50 et plus.
- Entre le SMIC et 3 SMIC : la réduction décroît progressivement, avec un seuil minimal de 2%.
- À partir de 3 SMIC : plus aucune réduction.
L'ancien point de sortie était à 1,6 SMIC pour la réduction générale classique. Il passe à 3 SMIC pour la RGDU, mais avec une dégressivité bien plus marquée. En clair : le dispositif couvre plus de salariés, mais à des niveaux d'exonération souvent inférieurs à la somme des anciens mécanismes.
L'impact concret par tranche de salaire
Pour un employeur de moins de 50 salariés en 2026 :
- Salarié au SMIC : impact quasi neutre. Le taux maximal de la RGDU (39,81%) compense la suppression des réductions maladie et famille.
- Salarié entre 1,5 et 2,5 SMIC : c'est là que ça se joue. L'ancien cumul réduction générale + taux réduit maladie + taux réduit famille pouvait être plus avantageux que la nouvelle RGDU seule. Attendez-vous à une hausse du coût employeur de 1 à 3 points selon le niveau de rémunération.
- Salarié au-delà de 3 SMIC : plus aucun allègement. C'est net et sans ambiguïté.
Ce que vous devez faire
- Vérifiez que votre logiciel de paie est à jour. Les paramètres ont changé au 1er janvier 2026 — coefficient maximal, point de sortie, seuil minimal.
- Simulez l'impact sur votre masse salariale. Pour une entreprise de 20 salariés avec des rémunérations moyennes autour de 2 SMIC, le surcoût peut atteindre plusieurs milliers d'euros par an.
- Anticipez la trésorerie. Les cotisations trimestrielles ou mensuelles vont augmenter mécaniquement pour les profils entre 1,5 et 3 SMIC.
Le détail technique
Le décret du 4 septembre 2025 fixe les paramètres de calcul. Le taux de cotisation patronale d'assurance vieillesse déplafonnée passe à 2,11%. Le taux ATMP "sans risque" descend à 0,49%. Ces ajustements expliquent les valeurs maximales du coefficient de réduction (39,81% / 40,21%).
Un échange de taux entre l'assurance vieillesse de base et les cotisations AT-MP, prévu par la LFRSS 2023, est également intégré dans le calcul.
Ce qui compte : la réforme n'est pas une catastrophe, mais elle n'est pas neutre. Pour les PME avec beaucoup de salariés entre 1,5 et 3 SMIC, le surcoût est réel et immédiat. Mieux vaut le chiffrer maintenant que le découvrir sur la DSN.