Avenant clause de non-concurrence
Ajouter une clause de non-concurrence en cours de contrat modifie le contrat : l'avenant suppose l'accord exprès du salarié. La clause n'est licite que si elle est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, limitée dans le temps et dans l'espace, adaptée aux spécificités de l'emploi et assortie d'une contrepartie financière, ces conditions étant cumulatives (Cass. soc., 10 juill. 2002, n° 00-45.135). Une contrepartie dérisoire équivaut à une absence de contrepartie. Son montant ne peut pas être minoré selon le mode de rupture (Cass. soc., 18 janv. 2018, n° 15-24.002) et elle ne peut pas être payée avant la rupture (Cass. soc., 22 juin 2011, n° 09-71.567). L'employeur renonce dans le délai prévu par le contrat ou la convention collective. En cas de dispense de préavis, il renonce au plus tard au départ effectif du salarié (Cass. soc., 21 janv. 2015, n° 13-24.471) ; en cas de rupture conventionnelle, au plus tard à la date de rupture fixée par la convention (Cass. soc., 26 janv. 2022, n° 20-15.755).
Quand utiliser ce modèle
- Un salarié accède à une clientèle, à des informations commerciales ou à un savoir-faire dont l'exploitation par un concurrent vous causerait un préjudice.
- Vous voulez ajouter une clause de non-concurrence à un contrat en cours : c'est une modification du contrat, qui passe par un avenant signé du salarié.
Les erreurs fréquentes
- Une clause sans contrepartie financière, ou non limitée dans le temps et l'espace : la clause n'est licite que si elle est indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, limitée dans le temps et dans l'espace, adaptée aux spécificités de l'emploi et assortie d'une contrepartie financière, conditions cumulatives (Cass. soc., 10 juillet 2002, n° 00-45.135).
- Renoncer trop tard en cas de dispense de préavis : la renonciation doit intervenir au plus tard à la date du départ effectif du salarié, malgré toute stipulation contraire (Cass. soc., 13 mars 2013, n° 11-21.150).
- Renoncer après la date de rupture fixée par une rupture conventionnelle : c'est au plus tard à cette date (Cass. soc., 26 janvier 2022, n° 20-15.755).
- Réclamer au salarié toutes les sommes déjà versées : s'il est prouvé qu'il a violé la clause, le remboursement porte sur la contrepartie versée à compter de la date où la violation est établie (Cass. soc., 22 mai 2024, n° 22-17.036, rendu à propos d'une clause annulée).
Extrait du modèle
Les champs entre crochets sont à compléter. Le modèle complet est téléchargeable ci-dessus.
Article 1 — Obligation de non-concurrence
À compter de la cessation effective de son contrat de travail, quelle qu'en soit la cause, le Salarié s'interdit d'exercer, directement ou par personne interposée, pour son compte ou pour celui d'un tiers, en qualité de salarié, de dirigeant, d'associé actif ou de prestataire indépendant, une activité concurrente de celle de l'Employeur, telle que définie à l'article 4.
Article 2 — Durée
L'interdiction s'applique pendant [DURÉE EN MOIS] mois à compter du jour de la cessation effective du contrat de travail, c'est-à-dire du départ effectif du Salarié de l'entreprise, y compris lorsqu'il est dispensé d'exécuter tout ou partie de son préavis.
Article 5 — Contrepartie financière
En contrepartie de cette obligation, l'Employeur versera au Salarié, pendant toute la durée de l'interdiction, une indemnité mensuelle brute égale à [POURCENTAGE] % de la moyenne mensuelle des salaires bruts perçus au cours des [NOMBRE] derniers mois précédant le départ effectif, [OPTION : ou au montant minimal prévu par l'article NUMÉRO de la convention collective, s'il est plus élevé].
Questions fréquentes
Quelles sont les conditions de validité d'une clause de non-concurrence ?
Quatre conditions cumulatives : être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, limitée dans le temps et dans l'espace, tenir compte des spécificités de l'emploi du salarié et comporter une contrepartie financière (Cass. soc., 10 juillet 2002, n° 00-45.135).
Jusqu'à quand l'employeur peut-il renoncer à la clause ?
Dans le délai prévu par le contrat ou la convention collective, mais, si le salarié est dispensé de préavis, au plus tard à la date de son départ effectif (Cass. soc., 13 mars 2013, n° 11-21.150) ; en cas de rupture conventionnelle, au plus tard à la date de rupture fixée par la convention (Cass. soc., 26 janvier 2022, n° 20-15.755).
Que se passe-t-il si le salarié viole la clause ?
L'employeur cesse de verser la contrepartie et peut demander réparation. Pour une clause annulée, la Cour de cassation limite le remboursement à la contrepartie versée à compter de la date où la violation est établie (Cass. soc., 22 mai 2024, n° 22-17.036).
Références
- Cass. soc., 10 juillet 2002, n° 00-45.135
- Cass. soc., 13 mars 2013, n° 11-21.150
- Cass. soc., 26 janvier 2022, n° 20-15.755
- Cass. soc., 22 mai 2024, n° 22-17.036
Textes en vigueur et arrêts vérifiés à la source le .
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