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Décryptage2025-07-02· 7 min

Élections CSE : le calendrier et les étapes à ne pas rater

L'organisation des élections du CSE est une obligation de l'employeur. Le non-respect du calendrier ou des étapes constitue un délit d'entrave. Voici le guide complet.

Élections CSE : le calendrier et les étapes à ne pas rater

Votre CSE arrive en fin de mandat. Avez-vous lancé le processus électoral à temps ?

Le mandat du CSE est de 4 ans (sauf accord collectif prévoyant 2 ou 3 ans). L'employeur doit organiser les élections de renouvellement. Le processus prend au minimum 90 jours entre l'information des salariés et le second tour de scrutin. Et chaque retard est une infraction.

L'obligation d'organiser les élections

Le seuil de déclenchement

Les élections du CSE sont obligatoires dans toute entreprise ou établissement distinct employant au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs (article L.2311-2).

L'initiative appartient à l'employeur. Il doit informer les salariés de l'organisation des élections et inviter les organisations syndicales à négocier le protocole d'accord préélectoral (PAP).

Le délit d'entrave

Le fait de ne pas organiser les élections constitue un délit d'entrave puni de 1 an d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende (article L.2317-1). Ce délit est constitué même si aucun salarié ne demande l'organisation des élections.

Le calendrier type (90 jours minimum)

J-90 : Information des salariés et invitation des syndicats

L'employeur informe les salariés par tout moyen de l'organisation prochaine des élections. Il invite simultanément les organisations syndicales représentatives dans l'entreprise et celles légalement habilitées à négocier le protocole d'accord préélectoral (PAP).

L'invitation doit être faite par courrier au moins 15 jours avant la première réunion de négociation. Pour le premier tour, l'invitation doit parvenir au plus tard 2 mois avant l'expiration des mandats en cours.

J-60 à J-45 : Négociation du protocole préélectoral

Le PAP fixe les modalités des élections : nombre de sièges, répartition des sièges entre les collèges, date et horaires du scrutin, modalités du vote (urne ou électronique), listes électorales.

Le PAP est négocié entre l'employeur et les organisations syndicales. Il doit être signé par la double majorité : majorité des organisations syndicales ayant participé à la négociation, dont les organisations syndicales représentatives ayant obtenu la majorité des suffrages aux dernières élections.

À défaut d'accord, l'employeur fixe unilatéralement les modalités après consultation du CSE sortant, sous réserve de contestation devant le tribunal judiciaire.

J-30 : Affichage des listes électorales

Les listes électorales doivent être affichées au moins 4 jours avant le scrutin. Mais il est recommandé de les afficher au moins 15 jours avant pour permettre les contestations.

Les conditions d'électorat : tout salarié de 16 ans et plus, ayant au moins 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise, non privé de ses droits civiques.

Les conditions d'éligibilité : tout salarié de 18 ans et plus, ayant au moins 1 an d'ancienneté, non conjoint, partenaire de PACS, concubin, ascendant, descendant, frère ou soeur de l'employeur.

J-15 : Dépôt des candidatures (1er tour)

Le premier tour est réservé aux candidatures syndicales. Les organisations syndicales déposent leurs listes de candidats dans le délai fixé par le PAP.

Jour J : Premier tour de scrutin

Le scrutin est à la proportionnelle au plus fort reste, par collège. Le premier tour est obligatoire, même si aucune candidature syndicale n'est déposée.

Si le quorum n'est pas atteint (moins de 50 % des inscrits ont voté) ou si tous les sièges ne sont pas pourvus, un second tour doit être organisé.

J+15 : Second tour (le cas échéant)

Le second tour est ouvert aux candidatures libres (non syndicales). Il doit être organisé dans les 15 jours suivant le premier tour.

Les erreurs les plus fréquentes

  1. Lancer le processus trop tard : 90 jours est un minimum. Avec les aléas de négociation du PAP, prévoyez 4 mois.

  2. Oublier d'inviter tous les syndicats : vous devez inviter non seulement les syndicats présents dans l'entreprise, mais aussi les syndicats représentatifs au niveau national et interprofessionnel (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC).

  3. Ne pas organiser le premier tour : même si aucun syndicat ne présente de candidats, le premier tour doit avoir lieu. C'est la condition de validité du second tour.

  4. Mal constituer les collèges : la répartition entre collèges (ouvriers-employés / techniciens-agents de maîtrise-cadres) doit refléter la structure de l'effectif. Une erreur de répartition invalide le scrutin.

  5. Ne pas établir de PV de carence : si aucun candidat ne se présente au second tour, vous devez établir un procès-verbal de carence et le transmettre à la DREETS dans les 15 jours.

Ce que vous devez faire lundi matin

  1. Vérifiez la date d'expiration des mandats de votre CSE actuel. Si elle approche à moins de 4 mois, lancez le processus immédiatement.

  2. Envoyez les invitations aux organisations syndicales par courrier recommandé. Ne les oubliez pas : l'oubli d'un syndicat est un motif d'annulation des élections.

  3. Préparez les listes électorales avec les conditions d'ancienneté correctes.

  4. Négociez le PAP de bonne foi : le protocole cadre toute la suite du processus.

  5. Documentez chaque étape : courriers, accusés de réception, PV de réunion, résultats. En cas de contestation, vous devrez tout justifier.

Les élections du CSE ne sont pas une formalité. C'est un processus juridique complexe dont la moindre irrégularité peut entraîner l'annulation du scrutin et des poursuites pour entrave.

Sources

  • [1] Code du travail, articles L.2311-1 à L.2314-37
  • [2] Code du travail, article L.2317-1 (délit d'entrave)
  • [3] Cass. soc., 22 novembre 2023, n°22-13.089

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