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Économie2026-02-16· 6 min

Frais de transport : remboursement obligatoire et options

L'employeur est tenu de prendre en charge 50 % des frais de transport en commun. Des options complémentaires existent pour le vélo, le covoiturage ou le véhicule personnel. Le point complet sur les obligations et les exonérations.

Frais de transport : remboursement obligatoire et options

La prise en charge des frais de transport domicile-travail est une obligation patronale souvent réduite, à tort, au seul remboursement du pass Navigo. En réalité, le dispositif est plus riche et offre plusieurs options — certaines obligatoires, d'autres facultatives — avec des régimes sociaux et fiscaux avantageux.

L'obligation de remboursement des transports en commun

L'article L.3261-2 du Code du travail impose à tout employeur de prendre en charge 50 % du prix des abonnements de transport en commun souscrits par le salarié pour ses déplacements domicile-travail.

Cette prise en charge est obligatoire et s'applique :

  • À tous les salariés, y compris les temps partiels (au prorata si le temps de travail est inférieur ou égal à 50 % de la durée légale)
  • Aux abonnements mensuels, trimestriels ou annuels
  • Aux transports en commun (métro, bus, tramway, RER, train) et aux services publics de location de vélos

Le remboursement s'effectue sur la base du tarif le plus économique en 2e classe. L'employeur qui souhaite rembourser au-delà de 50 % peut le faire, la prise en charge étant exonérée de cotisations et d'impôt jusqu'à 75 % du prix de l'abonnement (mesure pérennisée par la loi pouvoir d'achat de 2022).

Montant exonéré maximum (75 %) : Pour un pass Navigo annuel à 1 006 € en 2026, la prise en charge employeur exonérée peut atteindre 754,50 €/an.

Le forfait mobilités durables (FMD)

L'article L.3261-3-1 du Code du travail permet à l'employeur de verser un forfait mobilités durables aux salariés qui utilisent des modes de transport doux pour leurs trajets domicile-travail :

  • Vélo (personnel ou en location)
  • Covoiturage (en tant que conducteur ou passager)
  • Engins de déplacement personnel (trottinette, gyropode)
  • Autopartage avec des véhicules à faibles émissions
  • Transport en commun (hors abonnement, pour les titres à l'unité)

Le FMD est facultatif : l'employeur n'est pas obligé de le mettre en place. Mais s'il le fait, il bénéficie d'un régime social et fiscal attractif.

Montant exonéré en 2026 : jusqu'à 700 € par an et par salarié (800 € dans les DOM). Ce montant est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu.

La prime transport

Pour les salariés contraints d'utiliser leur véhicule personnel — en raison de l'absence de transports en commun ou d'horaires décalés —, l'employeur peut verser une prime transport couvrant les frais de carburant ou les frais d'alimentation de véhicules électriques.

Conditions : La résidence ou le lieu de travail du salarié doit être situé en dehors d'une zone desservie par les transports en commun, ou les horaires de travail doivent être incompatibles avec l'utilisation des transports en commun.

Montants exonérés 2026 :

  • Carburant : 400 € par an
  • Alimentation de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hydrogène : 700 € par an

Le cumul des dispositifs

Le cumul entre les différents dispositifs est possible mais encadré :

Combinaison Possible ? Plafond d'exonération cumulé
Abonnement TC + FMD Oui 900 € (global)
Prime transport + FMD Oui 700 € (global)
Abonnement TC + Prime transport Non
FMD seul Oui 700 €

Le cumul abonnement transport en commun + FMD est plafonné à 900 euros par an pour l'exonération.

Les obligations pratiques

Justificatifs. Pour le remboursement des transports en commun, le salarié doit fournir un justificatif d'abonnement. Pour le FMD, l'employeur peut demander une attestation sur l'honneur ou un justificatif d'utilisation.

Bulletin de paie. Le remboursement des transports en commun et le FMD doivent apparaître sur le bulletin de paie.

Temps partiel. Les salariés à temps partiel effectuant au moins 50 % de la durée légale bénéficient des mêmes montants que les salariés à temps plein. En dessous de 50 %, la prise en charge est proratisée.

Les recommandations pour l'employeur

Mettre en place le FMD. C'est un avantage apprécié des salariés, avec un coût exonéré pour l'entreprise. Il peut être instauré par accord d'entreprise, par accord de branche ou par décision unilatérale.

Communiquer sur les options. Beaucoup de salariés ignorent l'existence du FMD ou de la prime transport. Une communication claire favorise l'attractivité employeur.

Vérifier l'éligibilité à la prime transport. Les conditions géographiques et d'horaires doivent être vérifiées pour chaque salarié concerné.

Ce qu'il faut retenir

La prise en charge des frais de transport est un poste de dépense modeste mais un levier de satisfaction et de conformité. L'obligation minimale (50 % des transports en commun) est connue, mais les dispositifs complémentaires (FMD, prime transport) offrent des possibilités d'optimisation sociale et fiscale que trop d'entreprises négligent.

Sources

  • [1] Article L.3261-2 du Code du travail
  • [2] Article L.3261-3-1 du Code du travail
  • [3] Article R.3261-1 du Code du travail
  • [4] BOSS, fiche Frais professionnels, §360
  • [5] Loi n° 2022-1158 du 16 août 2022 (loi pouvoir d'achat)

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