Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO : les changements 2026
Le régime de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO concerne l'ensemble des salariés du secteur privé. Ses paramètres sont négociés par les partenaires sociaux et ajustés annuellement. Voici les éléments que tout employeur et tout gestionnaire de paie doivent intégrer pour 2026.
La structure des cotisations
Les tranches de cotisation
Les cotisations AGIRC-ARRCO sont calculées sur deux tranches de rémunération :
- Tranche 1 : de 0 à 1 PMSS (plafond mensuel de la sécurité sociale)
- Tranche 2 : de 1 à 8 PMSS
Les taux contractuels et taux d'appel
Les taux contractuels sont les taux qui génèrent des droits à retraite. Les taux d'appel sont les taux effectivement prélevés, majorés par un coefficient d'appel.
Pour 2026 (sous réserve des paramètres définitifs) :
Tranche 1 :
- Taux contractuel : 6,20 %
- Taux d'appel : 7,87 % (coefficient d'appel de 127 %)
- Répartition : 60 % employeur / 40 % salarié
Tranche 2 :
- Taux contractuel : 17,00 %
- Taux d'appel : 21,59 % (coefficient d'appel de 127 %)
- Répartition : 60 % employeur / 40 % salarié
Les contributions annexes
En plus des cotisations principales, s'ajoutent :
- La contribution d'équilibre général (CEG) : 2,15 % en tranche 1 et 2,70 % en tranche 2 (répartition 60/40)
- La contribution d'équilibre technique (CET) : 0,35 % sur la totalité de la rémunération, applicable uniquement aux salariés dont la rémunération dépasse le PMSS (répartition 60/40)
La valeur du point
La valeur d'achat du point (ou salaire de référence) détermine le nombre de points acquis. La valeur de service du point détermine le montant de la pension.
La revalorisation annuelle des pensions est décidée par le conseil d'administration d'AGIRC-ARRCO, en tenant compte de l'inflation et de l'équilibre financier du régime. La tendance récente est à une revalorisation proche de l'inflation.
Le coefficient de solidarité (décote temporaire)
L'ANI de 2015 avait instauré un coefficient de solidarité (malus de 10 % pendant 3 ans) pour les assurés qui liquidaient leur retraite complémentaire dès l'obtention du taux plein, sans travailler une année supplémentaire.
L'ANI du 5 octobre 2023 a supprimé ce coefficient pour les départs à compter du 1er avril 2023. Cette suppression allège la pénalité pour les salariés partant à la retraite dès l'atteinte de l'âge légal avec le taux plein.
Les obligations de l'employeur
L'affiliation obligatoire
Tout employeur du secteur privé est tenu d'affilier ses salariés à un groupe de protection sociale AGIRC-ARRCO. Le défaut d'affiliation expose à un redressement avec reconstitution des cotisations et pénalités.
La déclaration en DSN
Les cotisations AGIRC-ARRCO sont déclarées via la DSN. Les codes types de personnel (CTP) et les codes taux doivent être conformes aux instructions du GIP-MDS.
La bonne catégorisation des salariés
La distinction entre les catégories de salariés (cadres, non-cadres, assimilés cadres) détermine les garanties de prévoyance obligatoire. Depuis la fusion AGIRC-ARRCO en 2019, les taux de cotisation sont identiques pour toutes les catégories, mais les obligations de prévoyance diffèrent.
Les points de vigilance pour 2026
- Mettre à jour les taux dans le logiciel de paie dès publication des paramètres définitifs
- Vérifier la catégorisation des salariés, en particulier en cas de changement de convention collective (nouvelle convention métallurgie)
- Anticiper l'impact de la hausse éventuelle du PMSS sur la répartition entre tranches
- Informer les salariés proches de la retraite des conditions de liquidation et de la suppression du coefficient de solidarité
- Contrôler les bordereaux AGIRC-ARRCO pour détecter les écarts avec la paie
La retraite complémentaire représente un coût employeur d'environ 10 % de la masse salariale. La maîtrise de ses paramètres est indispensable pour la fiabilité de la paie et la conformité des déclarations sociales.