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Économie2026-09-08·

Arrêt maladie et grossesse : quel salaire pendant votre congé pathologique ?

Arrêt maladie et grossesse : quel salaire allez-vous toucher ?

En cas d'arrêt maladie pendant votre grossesse, vous touchez des indemnités journalières de la Sécurité sociale (environ 50 % de votre salaire journalier de base), souvent complétées par votre employeur pour maintenir tout ou partie de votre rémunération. Si l'arrêt est lié à un « état pathologique » causé par la grossesse, un dispositif spécial plus avantageux peut s'appliquer : le congé pathologique, indemnisé comme le congé maternité. Voici comment fonctionne concrètement votre salaire dans chaque situation.

Arrêt maladie « classique » pendant la grossesse : les règles générales

Quand vous êtes enceinte et qu'un médecin vous prescrit un arrêt de travail pour une raison de santé (grippe, mal de dos, fatigue intense, tout problème sans lien direct avec un « état pathologique » de grossesse), c'est le régime de droit commun de l'arrêt maladie qui s'applique.

Concrètement, cela veut dire deux sources de revenus possibles :

1. Les indemnités journalières (IJ) de la Sécurité sociale. Après un délai de carence de 3 jours (les fameux trois premiers jours non indemnisés par la CPAM), vous percevez une indemnité égale à environ 50 % de votre salaire journalier de base, calculé sur la moyenne de vos salaires bruts des 3 derniers mois. Ce montant est plafonné. C'est prévu par le Code de la sécurité sociale.

2. Le complément employeur. Si vous avez au moins un an d'ancienneté, la loi impose à votre employeur de compléter ces IJ pour maintenir une grande partie de votre salaire, dans les conditions de l'article L.1226-1 du Code du travail. Beaucoup de conventions collectives vont plus loin et prévoient un maintien à 100 % du salaire net. Vérifiez toujours votre convention : c'est souvent elle qui fait la différence.

Bon à savoir : contrairement à une idée reçue, être enceinte ne suffit pas à déclencher un régime spécial. Tant que l'arrêt n'est pas justifié comme « pathologique » lié à la grossesse, vous restez dans le cadre de l'arrêt maladie ordinaire, avec sa carence et son taux de 50 %.

Le congé pathologique : un arrêt lié à la grossesse, mieux indemnisé

C'est ici que se joue la vraie différence pour de nombreuses futures mamans. Lorsque votre grossesse entraîne un état de santé qui rend nécessaire un repos (hypertension, menace d'accouchement prématuré, diabète gestationnel, nausées incapacitantes...), le médecin peut prescrire un congé pathologique.

Ce congé se divise en deux périodes prévues par l'article L.331-5 du Code de la sécurité sociale :

  • Le congé pathologique prénatal : jusqu'à 14 jours supplémentaires avant le début du congé maternité classique, en cas d'état pathologique lié à la grossesse.
  • Le congé pathologique postnatal : jusqu'à 28 jours après l'accouchement, si votre santé le nécessite.

L'avantage majeur : le congé pathologique prénatal est indemnisé comme le congé maternité, et non comme un arrêt maladie. Cela change tout, car :

  • Pas de délai de carence de 3 jours.
  • L'indemnité journalière est calculée sur une base plus favorable, correspondant à celle du congé maternité (environ 100 % du salaire net dans la limite du plafond de la Sécurité sociale).
  • Cette période s'ajoute à votre congé maternité, elle ne le raccourcit pas.

Attention à une subtilité : les 14 jours de congé pathologique prénatal peuvent être prescrits en une ou plusieurs fois, mais uniquement pendant la période prénatale. Le congé pathologique postnatal, lui, est en revanche indemnisé comme un arrêt maladie ordinaire (pas comme le congé maternité).

Comment votre salaire est-il concrètement calculé ?

Prenons un exemple pour rendre les choses claires. Imaginons une salariée avec un salaire brut de 2 500 € par mois, soit environ 83 € de salaire journalier de base.

Cas 1 — Arrêt maladie ordinaire (angine en début de grossesse) :

  • IJ Sécurité sociale : environ 50 % de 83 €, soit près de 41 € par jour, après 3 jours de carence.
  • Complément employeur : selon la convention collective, souvent un maintien à 90 % voire 100 % du salaire net.

Cas 2 — Congé pathologique prénatal (menace d'accouchement prématuré) :

  • IJ Sécurité sociale calculée comme le congé maternité : environ 100 % du salaire net journalier, dans la limite du plafond.
  • Aucune carence.
  • Le complément employeur maintient là aussi souvent le salaire à 100 %.

Vous le voyez : à salaire égal, le congé pathologique est nettement plus protecteur qu'un arrêt maladie classique. D'où l'importance que votre médecin qualifie précisément la nature de votre arrêt.

Un mot sur le plafond : les indemnités journalières de la Sécurité sociale sont plafonnées en fonction du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Si votre salaire dépasse ce plafond, votre IJ ne suivra pas votre rémunération réelle au-delà. C'est là que le complément de l'employeur ou de votre convention collective devient déterminant pour éviter une perte de revenu.

Vos démarches : que faire et dans quel ordre ?

Pour être correctement indemnisée, quelques réflexes simples :

  1. Consultez votre médecin ou votre sage-femme. C'est le professionnel de santé qui décide de la nature de l'arrêt (maladie ordinaire ou congé pathologique). N'hésitez pas à évoquer clairement vos symptômes liés à la grossesse.

  2. Transmettez l'arrêt dans les 48 heures. Envoyez les volets de l'arrêt de travail à votre CPAM (volets 1 et 2) et à votre employeur (volet 3). Le respect de ce délai conditionne votre indemnisation.

  3. Prévenez votre employeur. Il doit établir une attestation de salaire pour la CPAM : c'est ce document qui permet de calculer vos IJ. Sans lui, pas de versement.

  4. Vérifiez votre convention collective. C'est souvent elle qui prévoit un maintien de salaire plus généreux que le minimum légal. Votre service RH ou vos représentants du personnel peuvent vous renseigner.

  5. Protégez vos droits. Rappel important : pendant votre grossesse et votre arrêt, vous bénéficiez d'une protection renforcée contre le licenciement, prévue par l'article L.1225-4 du Code du travail. Un arrêt maladie ne peut pas justifier une sanction liée à votre état.

Questions fréquentes

Un arrêt maladie pendant la grossesse réduit-il mon congé maternité ?

Non. Un arrêt maladie ordinaire n'a aucun impact sur la durée de votre congé maternité, qui reste calculé normalement. Et le congé pathologique prénatal (jusqu'à 14 jours) s'ajoute à votre congé maternité : il ne le raccourcit pas.

Y a-t-il un délai de carence pour un congé pathologique ?

Non, pas pour le congé pathologique prénatal. Comme il est indemnisé selon les règles du congé maternité, il n'y a pas les 3 jours de carence appliqués aux arrêts maladie ordinaires. Vous êtes indemnisée dès le premier jour.

Mon employeur est-il obligé de compléter mes indemnités ?

Oui, sous conditions. La loi impose un maintien partiel de salaire dès un an d'ancienneté (article L.1226-1 du Code du travail). Mais le niveau exact du complément dépend surtout de votre convention collective, qui prévoit souvent un maintien plus favorable, parfois à 100 %.

Que se passe-t-il si je n'ai pas assez d'ancienneté ?

Si vous n'atteignez pas un an d'ancienneté, vous n'avez pas droit au complément employeur légal. Vous percevez alors uniquement les indemnités journalières de la Sécurité sociale (environ 50 % pour un arrêt maladie ordinaire). Vérifiez toutefois votre convention collective, qui peut être plus souple sur l'ancienneté requise.

Puis-je être licenciée pendant un arrêt maladie lié à ma grossesse ?

Non, sauf cas très exceptionnels (faute grave non liée à la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger). L'article L.1225-4 du Code du travail vous protège pendant toute la grossesse et une période après l'accouchement. Un arrêt maladie ne peut jamais motiver un licenciement.

En clair : ce qu'il faut retenir

Pendant votre grossesse, tout dépend de la nature de votre arrêt :

  • Arrêt maladie ordinaire : 3 jours de carence, puis environ 50 % de votre salaire via la Sécurité sociale, complétés par l'employeur selon votre ancienneté et votre convention.
  • Congé pathologique prénatal (jusqu'à 14 jours) : pas de carence, indemnisation calquée sur le congé maternité (bien plus avantageuse), qui s'ajoute au congé maternité.

Le conseil de bon sens : décrivez précisément vos symptômes à votre médecin ou sage-femme, transmettez vos documents dans les 48 heures, et vérifiez toujours votre convention collective. C'est souvent elle qui fait la différence entre 50 % et 100 % de votre salaire maintenu. En cas de doute, votre CPAM et votre service RH sont vos premiers interlocuteurs.

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