Registre unique du personnel : les mentions obligatoires mises à jour
L'inspecteur du travail arrive dans votre entreprise. Le premier document qu'il demande : le registre unique du personnel. L'avez-vous ?
Le registre unique du personnel est l'un des documents les plus contrôlés et les moins bien tenus. Obligatoire dès le premier salarié, il doit contenir des mentions précises et à jour pour chaque personne employée dans l'établissement.
Qui doit y figurer ?
Le registre doit mentionner toutes les personnes travaillant dans l'établissement :
- Les salariés en CDI et CDD
- Les apprentis et les salariés en contrat de professionnalisation
- Les travailleurs à domicile
- Les stagiaires (dans une partie spécifique du registre)
- Les intérimaires (dans une partie spécifique)
- Les travailleurs détachés
Chaque personne doit être inscrite dans l'ordre chronologique d'embauche, de manière indélébile (pas de crayon à papier, pas de fichier Excel modifiable sans trace).
Les mentions obligatoires pour chaque salarié
L'article D.1221-23 du Code du travail impose les mentions suivantes :
- Nom et prénom du salarié
- Nationalité
- Date de naissance
- Sexe
- Emploi occupé
- Qualification professionnelle
- Date d'entrée dans l'établissement
- Date de sortie de l'établissement (à compléter au départ)
- Pour les CDD : la mention "contrat à durée déterminée"
- Pour les temps partiels : la mention "salarié à temps partiel"
- Pour les travailleurs étrangers : le type et numéro d'autorisation de travail et la copie des documents (à annexer ou tenir à disposition)
- Pour les apprentis : la mention "apprenti"
- Pour les salariés en contrat de professionnalisation : la mention correspondante
- Pour les salariés mis à disposition par un groupement d'employeurs : la mention "mis à disposition par un groupement d'employeurs" avec le nom et l'adresse du groupement
- Pour les salariés détachés temporairement : date de début et de fin du détachement
Les mentions spécifiques aux stagiaires
Les stagiaires figurent dans une partie spécifique du registre avec :
- Nom et prénom
- Dates de début et de fin du stage
- Nom et prénom du tuteur
- Lieu de présence du stagiaire
Les mentions spécifiques aux intérimaires
Les intérimaires figurent également dans une partie spécifique :
- Nom et prénom
- Nom de l'entreprise de travail temporaire
- Date de début et de fin de la mission
Le format : papier ou numérique
Le registre peut être tenu sous forme papier (registre relié, à pages numérotées) ou sous forme numérique. Si le format numérique est choisi, il doit offrir des garanties de contrôle équivalentes au registre papier : traçabilité des modifications, impossibilité de suppression, horodatage.
Un simple fichier Excel sans protection est considéré comme non conforme par l'inspection du travail.
Les sanctions
L'absence de registre ou un registre incomplet constitue une contravention de 4e classe : 750 euros d'amende par salarié concerné (article R.1227-7). Pour une entreprise de 20 salariés avec un registre absent, l'amende potentielle est de 15 000 euros.
Le registre doit être tenu à disposition de l'inspecteur du travail, des agents de contrôle de l'URSSAF et des délégués du personnel.
Ce que vous devez faire lundi matin
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Vérifiez l'existence de votre registre unique du personnel. Si vous n'en avez pas, créez-en un immédiatement.
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Contrôlez les mentions : chaque salarié en poste figure-t-il avec toutes les mentions obligatoires ? Les dates de sortie des anciens salariés sont-elles renseignées ?
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Ajoutez les stagiaires et intérimaires dans leurs parties spécifiques si ce n'est pas fait.
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Si vous utilisez un format numérique, vérifiez qu'il offre les garanties de traçabilité et d'inaltérabilité requises.
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Conservez le registre pendant 5 ans à compter de la date de départ du dernier salarié inscrit.
Le registre unique du personnel est le document le plus basique du droit du travail. C'est aussi l'un des plus contrôlés. Sa non-conformité est un signal d'alerte pour l'inspecteur du travail, qui approfondira systématiquement son contrôle.