Avantage en nature repas en 2026 : 5,50 € par repas, ce que l'employeur doit déclarer
Depuis le 1er janvier 2026, lorsque vous, employeur, fournissez gratuitement la nourriture à un salarié, l'avantage en nature est évalué à 5,50 € pour un repas et à 11,00 € pour une journée. Cette valeur fait partie de la rémunération : elle entre dans l'assiette des cotisations et contributions sociales et doit figurer sur le bulletin de paie.
Voici la règle, ce qu'elle coûte à votre entreprise et ce qu'il faut faire en paie.
La règle : un forfait fixé par arrêté, revalorisé chaque 1er janvier
Le texte de référence est l'arrêté du 25 février 2025 relatif à l'évaluation des avantages en nature.
Son article 1er fixe un forfait par journée, la valeur d'un seul repas étant égale à la moitié. Ce montant est revalorisé au 1er janvier de chaque année selon l'évolution prévisionnelle des prix à la consommation hors tabac, puis arrondi à la dizaine de centimes. Le Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) indique les valeurs applicables au 1er janvier 2026 :
| Situation | Valeur 2026 |
|---|---|
| Un repas fourni gratuitement | 5,50 € |
| Journée (deux repas) | 11,00 € |
Le principe d'assujettissement découle de l'article L. 136-1-1 du code de la sécurité sociale : la CSG, la CRDS et les cotisations sont dues sur les sommes versées et sur les avantages en nature qui y sont associés.
Ce que cela coûte à votre entreprise
L'avantage s'ajoute à la rémunération brute soumise à cotisations. Le salarié ne le perçoit pas en argent : il a reçu le repas.
Exemple. Vous offrez le déjeuner à un salarié chaque jour travaillé, soit vingt repas dans le mois. L'avantage à déclarer est de vingt fois 5,50 €, soit 110 €. Ces 110 € s'ajoutent à l'assiette des cotisations patronales et salariales du mois. Votre coût supplémentaire correspond aux cotisations patronales calculées sur ces 110 €.
Hôtels, cafés, restaurants : le minimum garanti
Dans les entreprises relevant des conventions collectives nationales des hôtels-cafés-restaurants, de la restauration de collectivités, de la restauration rapide, des chaînes de cafétérias et assimilés et des casinos, lorsque vous avez l'obligation de nourrir gratuitement vos salariés, l'avantage n'est pas évalué au forfait général. Il est fixé par référence au minimum garanti (article D. 3231-10 du code du travail).
Au 1er juin 2026, le BOSS retient :
- 4,35 € pour un repas (une fois le minimum garanti) ;
- 8,70 € par journée (deux fois le minimum garanti).
Ces valeurs suivent l'évolution du SMIC. Les règles propres à votre convention collective (nombre de repas, indemnité compensatrice) relèvent de son texte : vérifiez-les avant de paramétrer la paie.
La cantine : la participation du salarié change tout
Si vous fournissez des repas à la cantine contre une participation du salarié, l'avantage en nature est égal à la différence entre le forfait (5,50 €) et ce que paie le salarié.
Le BOSS admet une tolérance : lorsque la participation du salarié est au moins égale à la moitié du forfait, soit 2,75 € en 2026, l'avantage peut être négligé. En dessous, vous déclarez l'écart.
La tolérance s'applique aussi, selon le BOSS, aux repas d'une cantine d'entreprise à emporter ou livrés sur le lieu de télétravail du salarié. La notion de cantine d'entreprise est celle de l'article 85 bis de l'annexe III du code général des impôts.
Les repas qui ne sont pas un avantage en nature
Le repas pris par nécessité de service. Ne constitue pas un avantage le repas fourni au personnel qui doit, par sa fonction, prendre ses repas avec les personnes dont il a la charge éducative, sociale ou psychologique, lorsque cette obligation figure dans le projet de l'établissement ou dans un document contractuel. Cette exclusion ne vise pas le personnel de cantine et de service.
Le repas d'affaires. Le repas pris avec un client ou un partenaire, dans l'intérêt de votre entreprise et justifié par des pièces comptables, est un frais professionnel. Le BOSS admet qu'il n'y a pas d'abus manifeste jusqu'à un repas d'affaires par semaine ou cinq par mois. Au-delà, si les missions du salarié ne le justifient pas, ces repas deviennent des avantages en nature.
L'indemnité de repas en déplacement. Le BOSS distingue l'avantage constitué par la fourniture du repas du remboursement, sous forme d'allocations forfaitaires, des frais engagés par le salarié pour se nourrir lors d'un déplacement professionnel. Ce remboursement relève de la rubrique des frais professionnels.
Le titre-restaurant. C'est un dispositif distinct : votre participation est exonérée dans la limite de 7,32 € par titre en 2026, si elle représente entre 50 % et 60 % de la valeur du titre.
Ce qu'il faut faire
- Mettez à jour votre paramétrage de paie : 5,50 € par repas et 11,00 € par jour depuis le 1er janvier 2026 ; 4,35 € et 8,70 € dans les secteurs de la restauration au 1er juin 2026.
- Recensez les repas réellement fournis chaque mois (pointage de cantine, planning) : c'est la base de calcul et votre justificatif.
- Vérifiez la participation demandée à la cantine : à partir de 2,75 €, l'avantage peut être négligé.
- Distinguez sur le bulletin l'avantage en nature, les indemnités de frais professionnels et la participation aux titres-restaurant.
En cas de contestation ou de redressement sur ces points, un avocat en droit de la sécurité sociale pourra examiner votre dossier.
Questions fréquentes
Quel est le montant de l'avantage en nature repas en 2026 ?
Au 1er janvier 2026, 5,50 € pour un repas et 11,00 € pour une journée, selon le BOSS et l'arrêté du 25 février 2025. Dans les secteurs de la restauration, 4,35 € par repas au 1er juin 2026.
Faut-il déclarer un avantage si le salarié paie une partie de son repas à la cantine ?
Oui, pour la différence entre le forfait et sa participation. Toutefois, si le salarié paie au moins la moitié du forfait, soit 2,75 € en 2026, l'avantage peut être négligé.